Créer une adresse mail gratuite : les choix qui comptent

Par David Ménard · Publié le

Ordinateur portable ouvert sur une table de cuisine en bois clair, écran affichant une interface illisible, carnet à spirale, stylo, enveloppes et tasses de café dans la lumière du matin

Une adresse mail ne sert plus seulement à écrire. Elle reçoit les factures, les codes de connexion, les confirmations de commande, et c’est par elle que l’on réinitialise le mot de passe de tous ses autres comptes. L’ouvrir prend dix minutes ; trois décisions prises pendant ces dix minutes vous suivront des années : chez qui, sous quel nom, et par quel chemin vous récupérez l’accès le jour où vous l’aurez perdu. Autant les prendre maintenant.

Chez qui ouvrir sa boîte

Trois messageries gratuites se partagent l’essentiel des usages en France : Gmail, Outlook.com et laposte.net. Toutes sont gratuites au sens strict, aucune carte bancaire n’est demandée à l’inscription. Ce qui les distingue à l’usage se joue ailleurs.

Chez Gmail, l’adresse arrive avec un compte Google, et donc avec un espace de stockage commun : l’aide de Google annonce jusqu’à 15 Go partagés entre Gmail, Drive et Photos, corbeille et courrier indésirable compris. Vos messages, vos documents et vos photos de vacances puisent dans la même réserve — une boîte qui sature est très souvent une photothèque qui a grossi.

laposte.net attire ceux qui préfèrent un opérateur français, mais sa porte est devenue étroite. Depuis le 20 juin 2024, l’aide officielle du service réclame un numéro de mobile français et une Identité Numérique La Poste active, laquelle suppose d’être majeur, de posséder une pièce d’identité en cours de validité et un smartphone compatible. À défaut, vous n’obtenez qu’une adresse temporaire, limitée aux messages de La Poste, à finaliser dans un délai de trente jours. Ce n’est pas le chemin le plus court si vous avez besoin d’écrire ce soir.

Outlook.com, enfin, se crée avec les seules informations d’état civil habituelles et s’intègre naturellement à un ordinateur Windows. Le vrai critère n’est d’ailleurs pas la marque : c’est l’endroit où vous lirez vos messages. Une boîte consultée depuis le téléphone que vous avez en main vaut mieux qu’une boîte techniquement irréprochable que vous ouvrirez trois fois par an.

Le nom de l’adresse, qu’on ne change plus

Choisissez-le en pensant à l’usage le plus sérieux que vous en ferez : un employeur, un bailleur, un service administratif liront cette adresse, et parfois la liront à voix haute. Le classique prénom.nom reste la valeur sûre. S’il est déjà pris, ajoutez une initiale ou un nom de ville plutôt qu’une année de naissance, qui annonce votre âge à chaque message envoyé.

Surtout, retenez ceci : une adresse ne se renomme pas. En changer, c’est reprendre un par un tous les comptes qui pointent dessus, et perdre ceux qu’on a oubliés. Avant de l’utiliser pour ouvrir un espace administratif comme l’espace particulier des impôts, demandez-vous si c’est bien l’adresse que vous lirez encore dans cinq ans.

Les informations demandées, et les deux qui comptent

Nom, prénom, date de naissance, pays : le formulaire s’expédie en deux minutes. Deux champs méritent qu’on ralentisse.

Le mot de passe d’abord, parce que cette boîte commande toutes les autres clés : qui y entre réinitialise le reste. La recommandation de la CNIL donne l’ordre de grandeur pour un compte protégé par le seul mot de passe : douze caractères mêlant majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux, quatorze si vous renoncez aux caractères spéciaux, ou une phrase de passe de sept mots au minimum. Notre méthode pour en fabriquer un et le retenir tient en trois règles.

Les moyens de récupération ensuite. Numéro de mobile et adresse de secours ne sont pas du remplissage administratif : ce sont eux qui vous rendront la boîte le jour où vous n’y entrerez plus. Chez Google, la page officielle de création de compte présente l’ajout d’un numéro de téléphone comme facultatif — vous pouvez donc vous en passer, à condition de renseigner autre chose. Une boîte sans aucun moyen de récupération n’est pas une boîte plus discrète, c’est une boîte que vous perdrez définitivement. Et un compte repris par un intrus se récupère presque toujours par ces canaux-là.

Les dix minutes qui suivent la création

Le compte est ouvert. Activez tout de suite la validation en deux étapes dans les réglages de sécurité : c’est le seul réglage qui tient encore le jour où votre mot de passe circule. Si vous confiez ce mot de passe au gestionnaire de votre navigateur ou de votre téléphone, sachez qu’il faudra repasser sur chaque appareil quand vous le changerez — notre mode d’emploi pour changer son mot de passe Gmail détaille cette mécanique.

Pensez enfin à une seconde adresse. Le tutoriel « Je sécurise ma messagerie » du ministère de l’Éducation nationale rappelle de ne pas mélanger messagerie professionnelle et personnelle, ni d’y employer le même mot de passe. Le principe vaut aussi pour le tout-venant : une adresse pour les proches, la banque et l’administration, une autre pour les inscriptions, les boutiques et les jeux-concours. La première reste lisible pendant des années, la seconde encaisse le bruit.

Un dernier point, pour aujourd’hui même : votre adresse neuve va recevoir des messages de bienvenue, et les escrocs imitent très bien ce genre d’envoi. Un courriel qui vous demande de « confirmer votre compte » alors que vous venez de le confirmer est un hameçonnage qui se repère en quelques secondes. Le vrai message de validation arrive dans la minute qui suit l’inscription ; ceux qui se présentent trois jours plus tard n’ont rien à vous dire.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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